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Mes nuits (presque) sous les étoiles filantes

Comme de nombreuses autres personnes j’avais repéré de longue date la semaine du 10 Août 2015 : La conjonction assez rare des Perséides (cette fameuse pluie d’étoiles filantes), et de nuits presque sans lune permettant une visibilité des meteorites encore meilleure et surtout la possibilité de photos vraiment réussies.

Etant en vacances en famille, je ne pouvais pas non plus me permettre de m’éclipser toutes les nuits pour aller faire des photos. J’avais donc décidé de tout miser sur la nuit du Jeudi 13 Août qui offrait une nuit sans lune du tout, meilleures conditions pour les photos de ciel nocturnes.

Mes plans ont changé lorsque j’ai reçu un message d’un copain mercredi après midi me demandant si j’allais voir les Perséides le soir même. En effets, les différentes chaines de télévision, et sites d’info en ayant parlé toute la journée, le message et passé que c’était un spectacle a ne pas rater.

Première sortie

Motivé par ce message, je me décide a sortir aussi, le soir même avec ce copain pour assister au phénomène. Par contre, pas question ni pour lui, ni pour moi d’exagérer et d’aller trop loin de la maison. Un petit coup d’œil au site darksitefinder.com pour déterminer la zone approximative la plus proche ou la pollution lumineuse serait acceptable, un autre sur l’application Google Sky Map pour déterminer l’heure ou les Perséides commenceront a être visible, et la sortie est planifiée.

C’est mon pote qui me propose un coin dans la zone indiquée pour qu’on se pose en observation. Un endroit un peu a l’écart des villes, a une petite heure de route de la maison. On arrive sur place aux alentour de 22 heures. Effectivement, le lieu semble prometteur pour une observation de ciel nocturne… tellement prometteur qu’on est vite rejoint par d’autres voitures, des familles et des groupes d’amis en quêtes d’étoiles filante. Plusieurs regardent dans la mauvaise direction, simplement en direction du ciel le plus sombre, avec le plus d’étoiles. Mais les Perséides malheureusement ont leur épicentre de l’autre cote… juste en direction de ces lumières d’une ville pourtant lointaine, mais qui pollue complément ce cote du ciel d’une lueur orangée…

Pour la pluie d’étoile filante, c’est râpé. A moins d’attendre 1 ou 2 heures du mat pour que les Perséides sortent de cette zone lumineuses et soient enfin plus visibles. On en a quand même vu quelques unes dont une franchement très belle qui tout en ayant l’aspect d’un météorite comme au ciné (et pas seulement un éphémère trait fin de lumière) a traversé tout le ciel juste au dessus de nous. Par contre pour les photos, c’est compromis. Surtout a cause de la relative rareté des étoiles filantes, mais aussi du fait du vent très violent qui souffle sur cette colline. C’est la première fois que je comprend l’utilité d’avoir un trépied lourd et très stable. Le mien, pourtant lesté de mon sac a dos, n’a pas résisté a certaine rafales et n’a pu empêcher certains photos floues.

Après une petite heure sur place, bien refroidi par le vent et par l’absence de réelle pluie d’étoile filante, nous décidons de rentrer au bercail. Sur ma carte mémoire, quelques photos sympathique du ciel ce soir la, la voie lactée, quelques constellations… et les voitures ! (cliquez sur une des photos pour l’agrandir et ouvrir la galerie)

Seconde sortie

Le lendemain je décide de sortir de bonne heure, pour avoir le temps d’aller vraiment en plein désert, sans pollution lumineuse du tout et pour pouvoir trouver a la lumière du jour, un coin sympas, avec un premier plan qui pourrai agrémenter mes photos de ciel étoilé.

Deux heures de route me permettent de me rendre dans le désert du Néguev et de trouver un endroit plutôt cool ou me poser juste au coucher du soleil. Un petit acacia me semble tout indiqué pour améliorer mes prises de vue.

Tres vite la nuit tombe, le silence et les ténèbres de la nuit désertique m’entourent… enfin, ténèbres et silence, c’est vite dis vu qu’il y a même ici quelques voitures qui circulent régulièrement sur la route a proximité de mon acacia, et qu’en plus un réverbère orange a quelques dizaines de mètre diffuse sa lumière sur mon coin. Mais je me suis vite rendu compte qu’en fait, pour les photos ce n’était pas vraiment un handicap, au contraire, cette lumière évite a mon acacia d’être complètement noir sur les photos.

Des qu’il fait assez sombre, les étoiles se multiplient et la voie lactée apparaît a travers la voûte céleste. Des conditions de prise de vue vraiment optimale. Très vite, je pars a la recherche de compositions jolies et essaye de réfléchir a des angles originaux. Je sais que j’ai le temps avant que les Perséides commencent a apparaître a l’horizon, donc je prend vraiment tout mon temps, pour peaufiner mes réglages, essaye différents temps de pose ou sensibilité du capteur. Très rapidement je suis assez satisfait des cliches obtenus. Pas d’étoiles filante, mais de beaux cieux étoilés et notre galaxie qui se dévoile dans toute sa splendeur. Tellement satisfait qu’une idée bizarre m’assaille : a quoi bon finalement attendre encore 1 ou 2 heures de plus pour voir ces fameuses étoiles filantes… ne serai-je pas mieux a la maison, en famille, plutôt que la tout seul a milieu du désert ? et puis bizarrement un mauvais pressentiment m’entoure, comme une inquiétude soudaine…

21h30, c’est décidé, je rentre a la maison, tant pis pour les étoiles filantes, je vais profiter un peu plus de ma famille… Mais je n’étais pas au bout de ma nuit : après a peine quelques kilomètres, au milieu de lacets d’une route de montagne, Crevaison !! Une vis perdue transperce mon pneu ! Résultats, entre le changement de la roue, et le reste de la route a 80km (roue galette oblige) je n’arrive a la maison que vers 0h30… bien après que tout le monde soit couché ! !

Heureusement que la aussi j’ai quelques photos jolies :

Ce que je retiens de ces deux soirées :

En plus de la pollution nocturne globale, faut regarder sur une carte l’orientation des villes même éloignées pour prévoir leur influence sur les photos.

Éviter les lieux trop venteux pour les poses longues.

Un grand angle lumineux comme mon Tokina 11-16mm facilite vraiment les choses pour les photos de ciel nocturne (j’en reparle très vite dans un prochain article d’ailleurs)

Finalement les longues sorties photos tout seul la nuit, c’est pas si sympas. Vaut mieux être accompagné, c’est plus rigolo. Si c’est les enfants ou mon épouse, qui se seraient découvert une passion pour la photo, encore mieux.

Parfois faut pas exagérer et perdre trop de temps pour sa passion au dépend de ses proches.

Toujours avoir une bombe anti crevaison dans sa voiture.

20 réflexions sur “Mes nuits (presque) sous les étoiles filantes

  1. Franchement c’est juste M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E! Des photos qui laissent rêveur… Merci pour ce partage de ton aventure sous les étoiles🙂

  2. Le lampadaire est encore trop proche à mon gout … Mais tu as su tirer partie de cet apport de lumière.

    J’ai l’impression que tu as un temps d’exposition un poil long.

    Je ne comprends pas l’idée de faire de la route et de pas rester jusqu’au bout, mais cela ne change pas grand chose au résultat final.

    Une idée si tu es équipé c’est de partir faire du camping sauvage en famille… ainsi tu peut faire d’une pierre 2 coups😉

    1. pour le temps d’exposition un peu long qui provoque un aspect des étoiles un peu aplati, je crois qu’il s’agit plus d’une petite déformation du a l’objectif, on le voit plus sur les cotes qu’au centre…
      Normalement avec un 11mm sur mon capteur APS-C je peut avoir des poses jusqu’a 37s sans qu’on puisse discerner le mouvement des étoiles. Ici la plupart des photos sont prises avec un temps de pose d’environ 30s…

      Super idée le camping, ça serai l’idéal… mais ma femme est un peu allergique a ce genre de chose…😉

  3. Bonsoir Ary,
    Contrairement à ce qu’ont raconté les médias, les Perséïdes étaient à leur maximum dans la nuit du 12 au 13, et c’est entre 00h00 et 04h00 TU que les pics étaient observables par chez nous – même si tu es situé bien plus à l’est que moi -.
    À savoir que plus tu seras proche de l’équateur, et plus les temps de pose devront être raccourcis, et ce d’autant plus que tu pointeras près de l’équateur céleste.
    Également, ainsi que tu as pu t’en rendre compte, la pratique de l’astrophotographie impose une stabilité qui impose elle-même du matériel lourd et le moins de vent possible.

    1. Salut Jean-Luc et bienvenu par ici,
      Tu as raison il aurai fallut que je sorte vraiment beaucoup plus tard pour les voir… l’an prochain ça sera mieux !

      1. Tu sais, les Perséïdes ne sont pas les seules pluies d’étoiles filantes dans une année. Et puis, les étoiles filantes ne sont pas les seules dignes d’intérêt : tu peux aussi, par exemple, tenter de photographier le passage d’un Irridium, d’ISS, ou de n’importe quel autre astronef.

        1. oui tu as surement raison, mais les perséides sont les plus connues… je vais essayer de me renseigner pour les prochaines… tu as un site pratique qui donne ce genre d’infos par hasard ?

  4. Ouch. Dur, la crevaison. Un signe du Destin que finalement, t’aurais mieux fait de rester un peu plus longtemps sur place. Tu aurais vu les étoiles filantes, et une autre voiture aurait pris le clou à ta place… :p

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